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Les classes moyennes face à la transformation digitale | GenerationLibre

Roland Berger Strategy Consultants - Octobre 2014

Les classes moyennes face à la transformation digitale

Dans son étude récente, le cabinet Roland Berger, spécialisé en Stratégie Economique, dresse le portrait de notre société de demain. Analysant les tenants de l’automatisation et l’impact sur le marché de l’emploi de la révolution digitale en cours, le rapport Roland Berger décrit cette « troisième révolution industrielle » comme une révolution globale, affectant la majeure partie des emplois, et touchant particulièrement les classes moyennes. GenerationLibre a lu ce rapport qui confirme l’apparition d’un nouveau modèle de société, plus précaire, et la nécessité de prévoir les mécanismes qui permettront à chacun de bénéficier d’un filet de sécurité.

 
La France n’a pas su adapter son appareil industriel au phénomène de robotisation en cours depuis les années 90 entraînant de fait une perte de compétitivité. La révolution digitale, considérée comme la troisième révolution industrielle, ne doit pas être manquée. Dans son étude, le cabinet Roland Berger interroge la place de l’homme dans ce nouveau modèle de production où, contrairement aux révolutions précédentes, l’impact de l’automatisation de la société concernera quasiment tous les secteurs de l’économie.

 
La révolution digitale en cours trouve sa singularité dans son champ de mise en œuvre : elle ne concerne pas uniquement les métiers manuels, comme ce fut le cas lors des mutations technologiques précédentes, mais la plupart des emplois des classes moyennes. Selon l’étude, 42% des métiers présentent ainsi une forte probabilité d’automatisation en raison de la digitalisation des activités. Longtemps à l’abri, les métiers nécessitant un travail intellectuel sont désormais concernés en raison des nouvelles tendances technologiques susceptibles d’avoir un impact plus ou moins important sur l’emploi. Parmi elles, le phénomène du Big Data, permettant d’automatiser les fonctions d’analyse, a un impact particulièrement fort comme en témoigne déjà la start-up Criteo qui permet d’optimiser la publicité en ciblant avec exactitude les utilisateurs d’un appareil. Par ailleurs, la robotique, les objets connectés, les véhicules autonomes en permettant une plus grande polyvalence et mobilité ne sont pas anodins pour le marché de l’emploi.

 
Aujourd’hui, un métier, même s’il est intellectuel, pourra être automatisé à partir du moment où il présente des tâches répétitives. Dans le secteur médical par exemple, l’ordinateur Watson d’IBM bouleverse le métier de médecin. Capable d’établir des diagnostics, de détecter un cancer du poumon dans plus de 90% des cas et de préconiser des traitements en fonction du profil du patient, cette technologie permet aux médecins de se concentrer sur les tâches nécessitant un réel investissement intellectuel. Les postes à plus faible valeur ajoutée, en revanche, que ce soit dans le domaine médical ou autre, seront touchés. Les seuls métiers à l’abri de l’automatisation restent encore les métiers créatifs, au sens artistique, et ceux où un contact humain ou une forme d’intelligence sociale sont nécessaires.

 
Le Roland Berger Institute estime ainsi que 41,7% des métiers sont susceptibles d’être automatisés d’ici 2020. Le risque le plus probable concerne les métiers de l’agriculture et du secteur primaire. Viennent ensuite les métiers du commerce, de la distribution, des services à la personne et les métiers juridiques à valeur intermédiaire. Enfin, les métiers à plus forte valeur ajoutée – professions artistiques, professions médicales et juridiques supérieures, fonctions régaliennes, ingénierie et recherche – sont a priori épargnés. Ces projections concerneraient au total 3 millions d’emplois mais ce chiffre ne prend toutefois pas en compte la création d’emplois nouveaux liée au phénomène de « destruction créatrice ». L’enjeu, en matière de chômage, repose donc sur la capacité de la France à voir émerger de nouvelles activités et de nouveaux métiers. La particularité de cette révolution industrielle, toutefois, repose sur le fait que les emplois créés ne remplaceront pas les emplois détruits. En termes de compétences, comme toute révolution industrielle, la digitalisation s’accompagne d’un accroissement des besoins en emploi qualifié, au détriment des emplois intermédiaires. En termes de structure de la chaîne de valeur et de répartition sectorielle de la richesse, l’activité deviendra de plus en plus dépendante des fournisseurs de services à forte dimension technologique. Enfin, en termes de répartition géographique, la dématérialisation des prestations amènera une concentration de l’activité autour des métropoles, mieux dotées de compétences. Cette transformation massive de l’activité et le risque de déstabilisation qui en découle rendent nécessaire de protéger d’une part, notre compétitivité et d’autre part, notre modèle social.

 
Considérant que les services, composante majeure de la compétitivité française, seront largement touchés par la révolution digitale, parvenir à maintenir notre compétitivité est un enjeu clé. De grands groupes de services « traditionnels », issus de tous le secteurs – Axa, Bouygues, EDF, Carrefour, Air France – sont directement concernés par l’automatisation et doivent impérativement s’y préparer afin de préserver et améliorer, leur compétitivité. Par ailleurs, alors que les gains de productivité se transformaient, traditionnellement, mécaniquement en hausse du niveau de vie – via le développement de nouveaux services et la revalorisation du SMIC en fonction de l’évolution du salaire ouvrier – ce mécanisme de transfert est de moins en moins efficient et ce, au détriment des classes moyennes. Les nouvelles technologies entraînent une « polarisation des chaînes de valeur » c’est-à-dire un déplacement de la valeur créée du producteur intermédiaire au distributeur final. En résulte une nouvelle répartition des richesses, dont les classes moyennes sont les premières victimes.

 
Pour s’adapter à la transformation digitale en cours, la France dispose d’atouts majeurs : un secteur tertiaire solide et une protection sociale efficace, permettant à la France d’absorber des chocs structurels. Afin de faire face aux conséquences négatives que provoquerait la transition digitale, le rapport Roland Berger recense les mesures d’accompagnement nécessaire : principalement, soutenir la R&D, renforcer l’intégration européenne afin d’accroitre l’accès des innovations à un marché plus grand, adapter notre système de formation initial aux besoins des entreprises, améliorer la mobilité de la main-d’œuvre, rationnaliser les infrastructures de soutien au numérique et à l’investissement des entreprises. Le Roland Berger Institute estime le gain lié à l’automatisation à 40% des coûts dans les sociétés de service et 20% dans l’industrie et le secteur primaire, auquel s’ajoute un impact positif pour les comptes publics – les bénéfices supplémentaires des entreprises permettent des rentrées fiscales supplémentaires – et sur l’investissement privé – grâce à la hausse des marges des entreprises.

 
« La vague de transformation digitale à l’œuvre depuis les années 2000 pourrait être aux cols blancs dans la décennie à venir, ce que la mondialisation et l’automatisation industrielle ont été aux cols bleus dans les années 1980-1990 ». Comme le souligne le rapport Roland Berger, la révolution digitale rebat les cartes et les professions traditionnellement préservées se trouvent aujourd’hui dans le radar du changement. Aux pouvoirs publics d’en prendre désormais conscience pour adopter la stratégie volontariste adéquate.

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