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Libérons-nous ! | GenerationLibre

Libérons-nous !

Dans son opuscule, Stéphane Hessel enjoignait les français à s’indigner. Pascal Salin, professeur honoraire à l’université Paris-Dauphine et ancien président de la Société du Mont Pèlerin, nous invite, lui, à nous libérer.

Dans son essai Libérons-nous ! Pascal Salin remet en cause la doxa étatiste et l’environnement idéologique unique pour proposer au lecteur un nouveau point de vue. Alors que les bienfaits du « modèle français » sont souvent loués par nos élites, le constat actuel du chômage, de la stagnation économique et de la morosité ambiante prouve qu’il est loin d’être parfait. En 2007, la « rupture » annoncée lors de l’élection de Nicolas Sarkozy avait su séduire les électeurs avides de changement mais elle n’a malheureusement pas eu lieu. Aujourd’hui, Pascal Salin invite chaque français à redevenir citoyen et maître de ses décisions afin d’évoluer vers un modèle nouveau.

« Vous êtes un être humain c’est-à-dire un être capable de choisir ce qui vous semble le mieux pour vous et vos enfants, capable de décider des actions à entreprendre, capable, bien sûr, de vous tromper mais capable également d’apprendre de vos erreurs ». Nul ne devrait a priori contredire cela. Pourtant, rares sont les voix à s’élever contre la confiscation de notre pouvoir de décision par l’Etat. Dans la santé, l’éducation, le logement, la retraite… l’Etat prend des décisions à la place du contribuable, et grâce à l’argent du contribuable. L’ensemble des impôts et cotisations sociales finançant ces services absorbent près de la moitié des richesses créées chaque année ! Face à ce modèle coûteux et déresponsabilisant, l’auteur propose une alternative : un modèle où, en se retirant, l’Etat permettrait à chacun de disposer d’un pouvoir d’achat nettement supérieur, et d’opter pour les biens et services de son choix. Prenons l’exemple de l’école. En devenant l’instrument de financement de l’éducation et non plus le fournisseur de ce service, l’Etat remettrait à chaque parent un « bon d’éducation » leur permettant de choisir, en toute liberté, le type d’éducation voulu pour leurs enfants. Dans les décisions de tous les jours, l’auteur nous invite à reprendre notre vie en main.

Par ailleurs, étant un être social par nature, l’être humain évolue dans la société en concluant des accords scellés sous la forme de contrats. Le contrat, par définition, est censé satisfaire deux parties qui ont librement choisi de contracter ensemble. Partant de ce postulat, l’auteur analyse, à travers l’exemple du contrat de travail, comment l’immixtion de l’Etat a rompu l’équilibre du contrat. Aujourd’hui, la protection du salarié a introduit un biais dans le contrat entre l’employeur et l’employé. L’exemple de la fin de contrat est révélateur. S’il est évident qu’un licenciement sera source d’incertitudes et de coûts pour le salarié licencié, il est tout aussi évident – et pourtant rarement mentionné – qu’un salarié qui « licencie » son employeur en démissionnant sera tout autant source d’incertitudes et de coûts pour l’employeur. Alors que les deux parties au contrat font face aux mêmes situations, la législation « sociale » du gouvernement protège systématiquement le salarié par rapport à l’employeur. Conséquence de cet interventionnisme étatique : faute de pouvoir licencier facilement en cas de besoin, les entreprises rechignent à embaucher. Ainsi, une politique prétendument en faveur de l’emploi s’y avère hostile. Comme l’avait dit Margaret Thatcher, « la meilleure politique de l’emploi, c’est de ne pas en avoir »…

Le même raisonnement peut s’appliquer pour expliquer la croissance en berne. Si l’innovation est le moteur de la croissance, innover implique que l’entrepreneur-innovateur, figure centrale de l’économie, accepte de prendre des risques. En l’état actuel des choses, l’auteur résume en ces termes ce que l’Etat propose à l’entrepreneur : « si vous réussissez vos projets et si vous dégagez un profit, je confisque celui-ci totalement ou presque totalement ». Il est rationnel qu’en l’absence d’une rémunération du risque attractive, l’entrepreneur n’aspire pas à innover, et la mise en place de mécanismes de soutien à l’innovation reste superflue tant que la dépense publique se substitue à la dépense privée.

L’efficacité requiert de « libérer les énergies humaines » et l’auteur invite chacun de nous à accepter l’idée que « la politique économique n’est le plus souvent qu’un jeu d’illusions et qu’elle aboutit le plus souvent au contraire de ce qu’elle prétend réaliser ». Le SMIC en est un autre exemple. Si naturellement il bénéficie à ceux qui pensent être rémunérés à un niveau supérieur à celui auquel ils auraient été rémunérés en l’absence de législation, il nuit en revanche à l’ensemble de ceux qui sont exclus du marché du travail faute d’expérience ou de productivité suffisante. Le coût du travail pèse considérablement sur l’embauche – en particulier celle des jeunes – et les prélèvements obligatoires excessifs nuisent à la production. Intégrer le marché du travail à un salaire inférieur au salaire minimum et progressivement évoluer par l’amélioration de sa productivité serait préférable à titre individuel et collectif.

Enfin, un recul de l’Etat dans de nombreux domaines permettrait, selon l’auteur, d’atteindre un taux de croissance de 5 ou 6% au lieu des 1 ou 2% actuels. La condition du changement est simple : renoncer au « modèle social » français qu’on nous impose et cesser de considérer l’Etat comme une entité parfaite. Moins de réglementations et moins d’impôts sont la garantie de plus de croissance. Libérons-nous !

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