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L’obsession antilibérale française, ses causes et ses conséquences

Récemment publiée, L’obsession antilibérale française de Nicolas Lecaussin, directeur de l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref), analyse les ressorts du comportement antilibéral de l’élite française. Au travers des anomalies et dysfonctionnements propres au système français, l’auteur pointe du doigt l’incapacité de la France à se réformer.

Alors que les réformes libérales progressent dans les autres pays, la pathologie antilibérale française perdure. On justifie souvent cette posture par l’idée que la France serait traditionnellement étatiste. L’auteur le rappelle, c’est un leurre : si Colbert et Rousseau sont souvent cités, Turgot, Constant, Tocqueville et Bastiat sont trop souvent éclipsés. Quelques idées fausses sont analysées de plus près.

L’interventionnisme de l’Etat est souvent érigé en remède absolu. Quid pourtant de la catastrophe provoquée par l’intervention de l’Etat dans le système bancaire ? Nationalisé dans les années 80, le système bancaire s’est retrouvé en situation de quasi faillite au début des années 90. Notre modèle social est censé nous avoir protégés de la crise. En réalité, le taux de chômage atteint des niveaux records – avec presque 3,4 millions de chômeurs (mars 2014), le pays est en train de dépasser le niveau de 1997, taux le plus élevé jamais atteint – et son coût se répercute lourdement sur la fiscalité. Alors que le taux de l’impôt sur les sociétés allemand s’oriente vers 15% pour 2015-2016, le taux français s’élève aujourd’hui à 34%. Le nœud du problème : notre représentation nationale. Les députés et sénateurs sont très largement issus du secteur public et les chefs d’entreprise sont quasiment absents : 44% des députés font partie du secteur de l’Etat et seuls 2,9% sont des chefs d’entreprise. L’Assemblée nationale est, de facto, naturellement portée à prendre des décisions de nature étatiste. En Grande-Bretagne, les fonctionnaires souhaitant se présenter aux élections doivent d’abord démissionner. Aux Etats-Unis, la profession d’entrepreneur est la plus répandue au sein de la Chambre des Représentants. Cette surreprésentation du secteur public se retrouve dans l’enseignement scolaire et supérieur. L’analyse des manuels scolaires et des programmes d’économie ou d’éducation civique révèle le manque total de neutralité de l’Education nationale.

Cet antilibéralisme est le dénominateur commun de toutes les tendances politiques. Nicolas Sarkozy ne s’est pas plus rapproché de Margaret Thatcher que François Hollande de Tony Blair. François Hollande a fait de l’emploi sa priorité mais ses « contrats de génération » ont créé des emplois subventionnés. Il a désigné la finance comme son ennemi mais sans savoir probablement que l’Etat emprunte sur… les marchés financiers. Le libéralisme est le bouc émissaire et nombreuses sont les « niches » idéologiques,économiques ou sociales permettant de le dénoncer.

La défense de nos services publics est l’argument anti-libéral principal. Et pourtant… les prix ne cessent d’augmenter – le prix moyen du billet de train est passé de 38,2€ à 45,2€ entre 2002 et 2009 – et les entreprises sont toujours plus endettées. En dépit de ses 12Mds€ de subventions annuelles, la SNCF approche des 10 Mds€ d’endettement et détient le record européen des accidents de train (chiffres Eurostat). Pourtant, le culte du service public perdure. Les « riches », eux, sont systématiquement pointés du doigt et taxés davantage. Pourtant, l’Histoire en témoigne, la taxation des riches n’augmente pas les rentrées fiscales (les expériences de 1936 et 1981 montrent au contraire qu’une hausse des taux d’imposition ont provoqué des rentrées fiscales moindres) et ces mêmes « riches » jouent un rôle majeur dans l’économie : les 10 premières fortunes de France font vivre 700 000 salariés.

Le principe de précaution, introduit dans la Constitution par Jacques Chirac, est également cité parmi les réflexes antilibéraux par excellence.Il est un frein à l’innovation et une source de dépenses supplémentaire. L’ « exception culturelle » française, censée protéger notre culture en fermant les frontières, est inefficace. La France dépense pour ses films six fois plus que la Grande-Bretagne pour des résultats peu profitables. L’auteur étaye par ailleurs son propos à travers l’exemple de la culture grecque qui – contrairement à la culture spartiate qui s’est isolée et a disparu – n’aurait jamais prospéré sans son ouverture.

Enfin, l’obsession antilibérale des hommes politiques français est absurde. Si les réformes libérales engagées par Reagan et Thatcher les ont reconduits au pouvoir, c’est ce qui s’est également passé au Canada, en Suède, au Danemark, en Nouvelle Zélande… qu’il s’agisse de gouvernements de droite ou de gauche.

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