Notice: Trying to get property of non-object in /home/generatiy/dev/wp-includes/comment-template.php on line 1194
Travailler pour soi | GenerationLibre

Quel avenir pour le travail à l’heure de la révolution individualiste ?

Travailler pour soi

Paru en septembre 2013, aux éditions Le Seuil, cet ouvrage de Denis Pennel, directeur général de la Ciett, fédération mondiale des services privés de l’emploi, analyse l’impact et les conséquences de la révolution individualiste sur le monde du travail. Face au rejet du modèle unique, les formes de travail se diversifient et de nouveaux contrats apparaissent. Au lien vertical de subordination employeur/employé se substitue une organisation horizontale, en réseau. La montée de l’individualisme s’accompagne d’un changement de paradigme qui, sans faire disparaître les liens de socialisation, en façonnent de nouveau.

L’apparition des technologies de l’information et de la communication (TIC) et la mondialisation ont eu un écho significatif sur le monde du travail. Le marché du travail actuel est un marché « ouvert 24h/24, 7 jours/7 », dont l’unité de lieu est la planète entière. Les TIC ont aboli la distance et le développement du crowdsourcing – externalisation du travail – ignore les frontières en fragmentant les processus de production. Face à des enjeux devenus mondiaux, les réponses restent toutefois nationales, via l’organisation et la réglementation des marchés du travail nationaux. D’un point de vue encore plus micro, le principal élément à l’origine de la révolution en marche dans le monde du travail se situe au niveau individuel, à travers la vague individualiste.

La population active d’aujourd’hui exprime une volonté d’auto-détermination et de choix dans son mode de travail. Le rejet du collectif – dont témoigne la baisse permanente du taux de syndicalisation – et la recherche de plus d’autonomie passent par l’éloignement des formes de travail dites traditionnelles. L’emploi à vie, les horaires fixes, la distinction entre vie privée/vie professionnelle et la relation hiérarchique avec l’employeur sont dépassés : l’individu aspire aujourd’hui à organiser son temps de travail selon ses choix et contraintes personnels. L’évolution du système éducatif alimente ce changement de perspective : à l’autoritarisme de la génération précédente, s’est substituée la génération Dolto, où le dialogue et l’individu occupent une place centrale. Cette évolution s’illustre à travers l’explosion du travail indépendant : entre 2011, sur les 506 000 entreprises créées, 355 000 l’ont été sous forme d’entreprise individuelle. L’atypisme devient la norme.

Le contrat à durée indéterminée (CDI) – érigé en norme dans les années 70 afin de compenser le déséquilibre lié à la relation employé/employeur – n’est aujourd’hui plus la norme, ni l’objectif ultime du jeune salarié. Essentiellement vu sous l’angle de la subordination, le CDI laisse progressivement place à de nouveaux contrats de travail. Aujourd’hui, la corrélation entre CDI et sécurité s’efface : la rémunération d’un CDI peut s’avérer inférieure aux revenus de plusieurs missions d’intérim. Aux institutions, dorénavant, de suivre l’évolution spontanée de la société : l’enjeu actuel concerne la refonte de notre système de protection sociale, essentiellement construit sur le CDI.

Méritant le nom de « révolution », ce changement des modes de travail impacte le quotidien de chacun en mettant fin à la dichotomie travail/vie privée. Aux Etats-Unis, les travailleurs passeraient plus d’un jour de travail par semaine à surfer sur le Net pour des raisons personnelles. En contrepartie, de plus en plus de salariés déclarent travailler chez eux le weekend. De même, le triptyque classique études/retraite/travail perd du terrain : la discontinuité des carrières se généralise et l’individu entend coordonner sa carrière et sa vie personnelle comme il le souhaite.

Pour adapter le travail à l’émergence de cette ère nouvelle de l’individualité, l’auteur émet plusieurs propositions concrètes. Entre autres, sécuriser les parcours professionnels et non les emplois en facilitant la mobilité et les transitions sur le marché du travail ; organiser la protection sociale en fonction de l’intégralité d’une vie professionnelle et non uniquement d’un contrat de travail (datant de l’époque où le CDI était la norme) ; créer un « compte social individuel » permettant à chacun de capitaliser ses droits et avantages sociaux en organisant sa carrière professionnelle comme il le souhaite ; mettre fin à la dichotomie salariés/indépendants et encourager la multi-activité ; enfin, aider l’entreprise à s’adapter à la révolution individualiste en marche et encourager de nouvelles formes de solidarités, pouvant capitaliser sur l’échange intergénérationnel.

Aucun commentaire.

Vous souhaitez faire un commentaire ?

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.

Participer
GenerationLibre

Notice: wp_htmledit_pre est déprécié depuis la version 4.3.0 ! Utilisez format_for_editor() à la place. in /home/generatiy/dev/wp-includes/functions.php on line 3783

Notice: wp_htmledit_pre est déprécié depuis la version 4.3.0 ! Utilisez format_for_editor() à la place. in /home/generatiy/dev/wp-includes/functions.php on line 3783