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Colloque 2014 de la Société du Mont Pélerin | GenerationLibre

Colloque 2014 de la Société du Mont Pélerin

Du 31 août au 5 septembre s’est tenu à Hong Kong le grand colloque de la Société du Mont Pèlerin. Fondée en 1947 lors d’une conférence organisée par Friedrich Hayek au Mont Pèlerin en Suisse, la Société du Mont Pèlerin réunit des économistes et intellectuels afin de promouvoir l’économie de libre marché et la société ouverte auprès des hommes politiques. Thibault Danjou, représentant GL International, a participé à ce rendez-vous libéral emblématique.

Réunie cette année autour du thème « L’Asie émergente et la Liberté en question », la Société du Mont Pèlerin a débattu sur plusieurs thèmes.

Sur la perspective de réformes libérales en Asie

Consacrée à la perspective de réformes libérales en Asie, la première session de travail s’est concentrée sur les réformes de régulation structurelles engagées en Inde, en Corée et au Japon.

Si des réformes libérales sont un impératif pour relancer la croissance, des incertitudes demeurent quant à la capacité des gouvernements à surmonter la barrière des rentes et des intérêts individuels.

Les nouveaux leaders indiens semblent, à cet égard, les plus à mêmes de présenter une croissance forte. En Chine, les réformes libérales seront, selon le professeur Weiying Zhang de l’Université de Pékin, rendues possible à la seule condition qu’émerge un leadership puissant. Si les leaders actuels sont, par comparaison aux précédents, bien engagés, leur programme de libéralisation ne semble pas suffisant : la part d’entreprises détenues par l’Etat et le niveau de dépenses publiques demeure actuellement toujours très élevé. Par ailleurs, comme soutenu par l’économiste britannique Ronald Coase, la libre circulation des idées et un marché libre sont des conditions essentielles à une transition politique sans accroc. Allant dans ce sens, la feuille de route politique issue de la troisième session plénière du 18ème congrès du parti communiste chinois a prévu, pour les dix années à venir, de laisser le marché jouer le jeu de l’allocation des ressources, et de moderniser la gouvernance du pays. Considérant toutefois que la liberté de parole est la pierre angulaire d’un mouvement de réforme, le contrôle croissant du gouvernement vis-à-vis de la presse n’est pas de bon augure.

Les réformes électorales actuellement en débat à Hong Kong ne furent pas abordées mais la présence d’agents de sécurité a suffi à rappeler les tensions qui règnent autour de ce sujet. A propos de la démographie chinoise, les intervenants ont soulevé l’enjeu colossal du vieillissement de la population auquel le pays va devoir faire face.

De manière plus générale, l’ancien Président de la République tchèque, Vaclav Klaus, a, par ailleurs, mis en garde sur les risques de dérive vers l’anarchie ou la gouvernance mondiale associés, selon lui, aux ouvertures à l’économie effectuées de façon trop rapide et négligée (c’est-à-dire menées sans l’ancrage de l’Etat). S’exprimant à propos de l’Union européenne, Vaclav Klaus a rappelé qu’il ne croyait pas dans les bienfaits de la subsidiarité, et a critiqué le processus décisionnel européen : les décisions économiques prises par technocrates européens pas élus démocratiquement sont, selon lui, un non sens.

Sur les travaux de Gary Becker

A partir des travaux de Gary Becker, Prix Nobel sur le « capital humain », la seconde session s’est concentrée sur le thème de l’éducation, considérée comme un vecteur bien plus efficace que les politiques redistributives pour réduire les inégalités de revenu.

Sur l’érosion de la loi et la corruption

Comme l’ont démontré les travaux du Professeur William Easterly de l’Université de New York, l’investissement public ne garantit pas le développement.

Le Professeur William Easterly a ainsi analysé comment les aides au développement nuisent à la liberté par leur approche de gouvernance technocratique. L’aide au développement engage rarement un débat liberté vs autocratie : l’emphase est essentiellement mise sur les besoins matériels des populations en difficulté et la solution technique, préconisée par un comité d’experts, qu’il convient d’y apporter. Le processus évite ainsi de s’interroger sur l’aspect arbitraire du choix de l’aide à apporter et cède parfois à l’émotion au détriment d’une analyse rationnelle des priorités du terrain.

Sur les travaux de Ronald Coase 

Dans son article sur « La nature de la firme » paru en 1937, Ronald Coase évaluait l’influence des choix des entreprises et des particuliers sur l’allocation des ressources. Avec le temps, Ronald Coase élargit son analyse pour montrer comment les activités économiques primeront invariablement sur les actions du gouvernement.

Sur les inégalités inter générationnelles et la classe moyenne

Le constat tiré de l’indice de GINI montre que les inégalités se réduisent aujourd’hui à grande vitesse. Le Professeur Kevin Murphy, de l’Université de Chicago, a rappelé que l’éducation était le meilleur moyen de réduire les inégalités et que toute autre politique n’aurait, en théorie, pas lieu d’être.

Selon le Ayn Rand Institute, le fait même que la société civile soit composée d’individus inégaux en termes de compétences, d’intérêts, d’activités et de valeurs, constitue un atout pour tous.

Sur la menace prochaine de l’inflation

Monnaie forte et marché libre vont de pair. Adam Smith, dans La Richesse des Nations en 1776, puis Milton Friedman, dans Capitalisme et Liberté en 1962, ont tous deux invoqué les raisons justifiant l’existence de règles monétaires. Dans une lettre à Friedrich Hayek, Milton Friedman précisait à ce propos que l’activité discrétionnaire des banquiers centraux constituait l’une des violations les plus fondamentales du droit. Dans les années 80, les Etats-Unis et le Royaume-Uni firent tous deux des règles monétaires un élément central de leurs réformes pro marché.

Quand la politique monétaire devint, dans les années 80-90 et jusqu’à récemment, plus encadrée par des règles, l’économie connut une amélioration, défendue par certains économistes sous l’expression de « Grande modération » : une croissance forte accompagnée d’un chômage et d’une inflation en baisse. A l’inverse, l’interventionnisme des dix dernières années s’accompagna d’une nette détérioration de l’économie (crise financière et récession).

A la question d’une menace prochaine de l’inflation, Pascal Salin, ancien Président de la Société du Mont Pèlerin, juge difficile d’établir des pronostics dans la mesure où l’inflation dépend directement des décisions arbitraires prises par les autorités monétaires. L’expérience montre, toutefois, que ces autorités réagissent souvent à l’état de l’opinion publique.

Sur le libéralisme : passé et futur

La présentation du professeur Peter Bernholz sur la lente évolution vers la servitude (« The Slow and Hidden Road to Serfdom ») a pointé du doigt la restriction croissante des libertés individuelles au profit de la sphère gouvernementale, en œuvre depuis quelques dizaines d’années. Liberté individuelle et limite du pouvoir discrétionnaire de l’Etat vont de pair. « L’homme est libre s’il n’a à obéir à personne qu’à la loi » (Hayek).

Sur le « Free State Project » au Honduras

Mark Klugmann, ex plume de Ronald Reagan, a présenté à l’assemblée son projet de « free state » au Honduras. Poursuivant l’objectif de minimiser l’emprise de l’Etat et de mettre en pratique la philosophie libérale, ces zones « libres » – dites « LEAP zones » – fonctionnent avec leurs propres institutions légales, économiques, administratives et politiques. En se concentrant sur des pans de territoire limités, sans avoir recours à une approche globale, cette méthode permet d’atténuer les résistances et les conflits politiques. La transformation de l’économie chinoise est la preuve que des réformes menées à l’échelle régionale peuvent transformer un pays à l’échelle nationale. La première zone devrait être officialisée au Honduras en 2015.

Entendu en Off

Allan Meltzer, le Président de la Société du Mont Pèlerin, a mentionné la France à plusieurs reprises, pointant du doigt la nécessité de revoir notre structure étatique pour s’engager dans la voie de la croissance. A propos de l’ouvrage de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, Allan Meltzer a précisé ne pas partager ses conclusions.

Pour certains français présents au colloque, la situation économique catastrophique de la France pourrait bien mener le pays sur la route de l’Argentine.

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