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Commentaires sur le droit de réponse de la BPI | GenerationLibre

Commentaires sur le droit de réponse de la BPI

Par GenerationLibre

GenerationLibre est flatté que la BPI ait pris soin de lire notre rapport et de répondre à nos critiques. Si nous nous étonnons du ton hautain pris par une institution publique envers des chercheurs indépendants, nous tenons néanmoins à dissiper certains malentendus. La BPI ne contestant pas le fond de nos propositions, nous espérons qu’elles seront prises en compte dans la définition de la future stratégie de la banque publique.

  • « Il est regrettable que les auteurs de ce ‘’rapport’’ n’aient pas pris la peine de nous solliciter pour répondre à leurs questions, démarche minimale dans ce genre de situation et surtout étape importante qui aurait pu permettre d’éviter les très nombreuses erreurs émaillant le texte.

La « banque publique d’investissement » a eu connaissance de la sortie de ce rapport. En revanche, nous n’avons pas jugé opportun de solliciter un rendez-vous avec ses équipes de communication institutionnelle pour entendre un point de vue dont ses plaquettes de présentation donnent excellemment la teneur. Nous comprenons que, dans le contexte français, la BPI soit perturbée par notre irrévérence envers les pouvoirs publics. Nous avons néanmoins nourri notre analyse de nombreuses discussions avec des entrepreneurs et des fonds français.

  • – Les Présidents de Région ne décident d’aucun financement particulier mais donnent, et c’est bien normal, leur avis consultatif sur les besoins sectoriels locaux. Il suffit de lire la loi de création de Bpifrance et les décrets de nomination des Comités régionaux d’orientation pour le savoir (à moins de vouloir sciemment tromper le lecteur),

Les Présidents de Région se targuent de co-décider des financements. A titre d’exemple, regardons le site internet du Conseil Régional de Bourgogne<sup>[1]</sup> : «Dotés par la Région, gérés par Bpifrance et co-instruits par les deux partenaires, deux dispositifs financiers communs visent à accompagner financièrement les entreprises (…). La Région mobilisera très prochainement Bpifrance afin de mettre en place de nouveaux outils de capital investissement en Bourgogne ».

Nous maintenons, comme déjà indiqué par de nombreux entrepreneurs en privé, que les élus locaux co-décident des investissements, au point de les pré-annoncer sur leur site… Nous pourrions multiplier les déclarations identiques dans la presse d’autres présidents de conseil régionaux.

  • – Les lignes de l’ancien FSI ne sont pas de si mauvais investissements pour le patrimoine des Français puisque les cessions ont par exemple rapporté 1 milliard d’euros à Bpifrance en 2013 et 400 millions de plus-value, ce dont Challenges s’est d’ailleurs fait l’écho récemment,

Ce n’est pas à l’Etat de faire de l’argent sur les marchés ! Est-ce le rôle de la BPI de se comporter comme un « hedge fund » en achetant et vendant des participations en Bourse sans aucune consultation publique ou expertise spécifique ?

  • Quant aux recommandations des auteurs…
  • Créer une société de gestion ? C’est fait avec Bpifrance Investissement, supervisé par l’Autorité des Marchés Financiers

La BPI ne gère pas officiellement le capital de tiers (en l’occurrence les contribuables) ; sinon, elle serait soumise à ce que les financiers appellent le devoir fiduciaire, c’est-à-dire le devoir de bonne gestion des deniers de ses souscripteurs. Or, en tant que contribuables, nous n’avons aucun moyen de comprendre sa stratégie.

  • Devenir un véritable établissement de crédit ? Fait aussi, dès le départ, puisque Bpifrance Financement en est un, contrôlé par l’Autorité de Contrôle Prudentiel.

Considérant que la BPI ne se finance pas auprès des autorités monétaires, ou par les marchés, il est légitime de se demander où se trouvent l’effet multiplicateur et l’utilité concrète d’une telle licence.

  • Susciter un effet de levier en offrant une garantie bancaire ? C’est fait également, à hauteur de rien moins que 8 milliards d’euros en 2013.

Le rapport ne traite pas de ce levier-là (nous sommes conscients de l’existence de ces garanties) mais de la vente de « crédit default swaps » (CDS) sur certaines dettes. Il recommande aussi la création de BDCs sur le modèle américain.

  • L’action de Bpifrance au service de l’innovation et des startups relèverait de la seule ‘’communication’’ ? Ce n’est pas ce que pense Ernst & Young dans son baromètre du capital risque en Europe, qui relève pour le premier semestre 2014 que la France se hisse au deuxième rang en repassant devant l’Allemagne, notamment grâce à l’action de Bpifrance.

Heureusement, le capital-risque n’a pas besoin de la BPI pour exister. Pour le développer, la priorité des pouvoirs publics devrait être d’alléger les contraintes fiscales et réglementaires. Par ailleurs, nous ne contestons pas, bien au contraire, que l’intervention publique dans l’innovation soit nécessaire, mais nous demandons des critères de sélection plus précis, comme c’est le cas dans les grandes banques de développement internationales.

  • S’engager dans une démarche de transparence et ‘’d’open data’’ ? Fait aussi, avec Bpifrance le Lab, qui met à disposition des chercheurs un historique de 20 ans d’intervention des entités regroupées au sein de Bpifrance, permettant notamment au monde académique d’opérer une évaluation des politiques publiques totalement transparentes.

Ce n’est pas la réalité des interventions dont nous parlons (nous n’avons en effet eu aucun mal à recenser les principaux investissements de la BPI depuis quatre ans) mais de leur motivation. Pourquoi ne pas rendre publiques les délibérations qui ont conduit la BPI à investir chez Nexans et non dans telle autre entreprise : comment cette décision a-t-elle été prise ? Un intérêt stratégique ou une valorisation étaient-ils en jeu ? Le contribuable et le parlementaire n’en savent rien.

  • Toute critique est bonne à prendre. Bpifrance, en tant que Banque Publique d’Investissement en charge de soutenir le développement économique avec des moyens importants confiés par la Nation, doit évidemment rendre des comptes et répondre de son action dans le débat public.
  • Les erreurs – factuelles – accumulées dans ce travail, et que nous ne listons pas exhaustivement dans ce texte, nuisent à sa portée et rendent malheureusement difficile la possibilité d’en tirer des enseignements. »

Nous serions heureux de corriger des erreurs factuelles si la BPI avait la bonté de nous les signaler. Nous sommes tout à fait ouverts à la discussion, dans le cadre démocratique que la BPI souligne à juste titre. Plus largement, nous pensons que la performance économique de la France et le pilotage des questions industrielles ces dernières années mériteraient un ample débat public.


[1] http://www.region-bourgogne.fr/Economy-the-2013-regional-assessment,877,8419,intl:fr

Un commentaire

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  1. Voilà ce qui arrive quand un think tank citoyen ose se mêler de ce qui le regarde, à savoir demander quel usage on fait des fonds publics et comment sont prises les décisions. "De quoi se mêle ce ramassis de fouille-m...... incompétents alors que nous, les banquiers professionnels et autres hauts fonctionnaires éventuellement labellisés ENA, sommes hyper compétents." Voilà peut-être la seule question que ce rapport a vraiment suscité dans l'esprit des dirigeants de BPI. L'indignation feinte, et le doigt pointé sur quelques "erreurs factuelles" (non citées d'ailleurs) permet de se maintenir dans sa posture de "sachant" face aux amateurs que sont forcément les critiqueurs. une organisation finit toujours pas acquérir une vie propre, des objectifs qu'elle choisit, tout à fait indépendamment des raisons qui ont motivé sa création, parfois même en complète contradiction avec ces raisons. Touche pas à mon poste (de cadre sup).!!!

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