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GenerationLibre réagit aux conclusions de la Mission parlementaire sur la BPI | GenerationLibre

GenerationLibre réagit aux conclusions de la Mission parlementaire sur la BPI

Par Sebastien Laye
Entrepreneur

Nous nous réjouissons de la prise de conscience par les députés de certaines défaillances de la BPI tout en déplorant une certaine pusillanimité à proposer une réforme plus ambitieuse de cette institution.

Dans la lignée des propositions de GenerationLibre et de nos échanges avec les députés de la mission, les conclusions du rapporteur rappellent ce que devrait être la philosophie générale de la BPI : pallier les défaillances du marché uniquement. Le rapport reprend en particulier le modèle allemand de la KfW, présenté par GenerationLibre dans son rapport sur la BPI, en mettant en exergue la nécessité de financements indirects sauf dans le cas de dossiers industriels de retournement. Le rapport propose de renforcer les pouvoirs de la BPI dans le domaine des dossiers industriels complexes où les fonds privés sont de moins en moins présents. Ce souci, même s’il implique un interventionnisme dans ces dossiers, nous parait légitime s’il est circonscrit à des dossiers de retournement précis (même s’il faudra éviter les redondances avec le Ciri). De manière générale, les députés souhaitent revenir à une politique industrielle active dont la BPI serait le vecteur.

Le rapport ne se prononce malheureusement pas sur l’ex FSI et l’énorme portefeuille boursier de la BPI. Nous le déplorons alors même que les députés exigent plus de moyens pour les TPEs (nous posons à nouveau la question du financement et de l’usage des deniers publics pour recréer un Crédit Lyonnais bis) : micro crédit de trésorerie, prêts rebonds, etc… Cependant, la volonté de moderniser cette activité via des plateformes en ligne ainsi que le souci de clarifier l’articulation entre banques commerciales et BPI dans l’activité de prêts sont des initiatives intéressantes.

Les députés se sont peu saisis de la question de la gouvernance, des compétences et des hommes en charge. Ils préconisent des recrutements de cadres industriels, un partenariat renforcé avec les régions mais au-delà d’un souhait général sur une meilleure communication des données, ils ne reprennent pas les préconisations de GenerationLibre sur le contrôle des décisions ou l’open data.

Fondamentalement, en éludant la question de l’abondant portefeuille boursier de la BPI et des participations directes, tout en proposant de faire de la BPI « le bras armé » (expression dans le texte du rapport) de la politique industrielle de l’Etat, la mission semble se tromper d’époque et vouloir faire de la BPI un instrument d’application de la politique industrielle (mais avec quelle vision, quel argent et sur quels secteurs?) à mi-chemin entre l’APE et le CIRI.

Par ailleurs, les députés paraissent ignorer la récente réorientation de la BPI par le gouvernement, justement dans la direction opposée. Alors qu’en 2012-2013 la BPI mettait l’accent sur le sauvetage d’entreprises stratégiques en termes d’emplois ou d’industrie pour le pays, BPI France s’est résolument tournée depuis douze mois vers la consolidation d’entreprises prometteuses et l’écosystème des start-ups. Le Gouvernement a acté ce revirement dès le printemps 2015, sans même attendre les conclusions des députés, qui n’ont ainsi que peu de chances d’être entendus à Bercy.

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Un commentaire

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  1. LE POIDS DES HABITUDES Je ne savais pas que la BPI avait un portefeuille boursier énorme. Quels titres? Des petites entreprises? Quand même assez grosses pour être cotées en bourse donc. Alors que dans ma pratique professionnelle en cabinet d'expertise comptable, j'ai eu X occasions de constater que des projets d'investissement parfaitement raisonnables, de seulement quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros se heurtaient à la frilosité des banquiers. Les banques privées sont gouvernées par l'idée de profit, et leurs décideurs craignent par dessus tout d'accorder le crédit qui ne sera pas remboursé par défaillance de l'emprunteur. Ces cadres verraient ainsi leur carrière marquée au fer rouge de la honte de la mauvaise décision. Tandis que s'ils passent à côté d'un dossier de financement d'une bonne idée, on ne leur en tiendra pas rigueur, parce que ça ne se saura pas. Lors de la création de la BPI, j'ai crû naïvement qu'elle allait prendre à coeur cette mission de fertilisation des bonnes idées. Et voilà: dès qu'une banque existe, indépendamment des objectifs louables pour lesquels elle est créée, la voilà qui se met à reproduire le mode de fonctionnement de ses consoeurs: investissements en bourse du cash disponible, et accords de prêts parcimonieux aux TPE innovantes à la structure financière fragile. Il faudrait calquer la politique de la BPI sur celle des associations comme celles qui accordent des micro crédit en Afrique, pour aider au développement: Un prêt pour un simple vélo est souvent plus fertile pour l'économie du pays et pour l'homme qu'un achat de titre en bourse, qui pourrait toujours trouver être réalisé par des institutionnels dont c'est le métier. Et si jamais le prêt n'est pas remboursé (ce qui est très rare au sein de ces associations), il faut le passer par pertes et profits, sans en tenir rigueur à celui qui l'a accordé, parce que les raisons d'un non remboursement peuvent être multiples, et ne sont pas forcément liées à la qualité du projet. "I HAVE A DREAM...".

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