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LA COMPÉTITION DOIT AUSSI S’APPLIQUER AUX BANQUES ! | GenerationLibre

LA COMPÉTITION DOIT AUSSI S’APPLIQUER AUX BANQUES !

Par GenerationLibre

Dans un article paru le 23 juillet 2014, le Financial Times revient sur le véritable succès de Metrobank, première banque de détail à se lancer au Royaume-Uni depuis plus d’un siècle. Ayant su attirer les clients des banques traditionnelles et multipliant les prêts aux entreprises, Metrobank s’est imposé sur le marché bancaire anglais : d’avril à juin 2014, son nombre de compte-clients a augmenté de presque 80%.

GenerationLibre a été reçue le vendredi 3 mai 2013 par Vernon Hill, Président-fondateur de Metro Bank, première banque de détail à se lancer au Royaume-Uni depuis plus d’un siècle. Un cas d’école du bénéfice de la concurrence dans un secteur trusté par des oligopoles rétifs à l’innovation. A quand une Metro Bank en France ?

Rencontrer Vernon Hill, ou plutôt Vernon W. Hill II, au siège de Metro Bank à Londres, c’est plonger dans une success story 100% américaine. Vernon vous reçoit en chemise à barrette, vous prend par l’épaule, vous fait visiter avec fierté la première branche ouverte à l’étage en-dessous, s’installe à son bureau sous son tableau de chasse d’articles qui lui sont consacrés, et ne s’interrompt que pour ouvrir la porte à son Yorkshire Terrier. Vous ressortez avec des chiffres de croissance exponentielle pleins la tête, et une tirelire Metro Bank en plastique dans les mains.

Avec une facilité déconcertante, le businessman américain, fort de la création de Commerce Bank aux Etats-Unis (fondée ex nihilo en 1973 et devenue une des plus grandes banques de détail américaines), est en train de percer le marché traditionnel des “Big Four” : Barclays, HSBC, Lloyds et RBS. Metro Bank a obtenu en mars 2010 sa licence bancaire, délivrée par la Financial Services Authority (FSA). Depuis, son expansion semble inarrêtable : 17 guichets ouverts dans le Grand Londres, créant 750 emplois, et 200 sont prévues d’ici 2020. Les dépôts bancaires atteignent aujourd’hui plus d’un demi-milliard de pounds et, chaque mois, 10,000 nouveaux comptes sont ouverts. Metro Bank enregistre encore des pertes nettes (£ 100 millions pour le premier trimestre 2013), naturelles pour une entreprise en cours de lancement : les guichets deviennent profitables environ 18 mois après leur ouverture.

La philosophie est simple : rémunération des comptes peu élevée mais service-client impeccable. Autrement dit, on ne vous propose pas de nouveaux produits tous les sept jours mais on vous traite avec respect et efficacité : les guichets sont ouverts de 8h à 20h, 7 jours sur 7 ; il suffit d’une pièce d’identité pour ouvrir un compte ; le système informatique a été créé ex nihilo et surpasse donc largement ceux des banques installées ; le centre d’appel est localisé au Royaume-Uni et disponible 24h/24 ; chacun peut facilement louer un coffre ; et les locaux sont conçus pour être accueillants et distrayants (les chiens sont admis voire nourris…). Côté prêteur (la deuxième jambe d’une banque), Metro Bank privilégie les PMEs délaissés par les banques traditionnelles.

Trop beau pour être vrai? Peut-être, et nous verrons bien quel sera le destin de Metro Bank, surtout si elle entre en Bourse. Mais la véritable leçon, que nous pouvons d’ores et déjà tirer, c’est que l’arrivée d’un nouvel acteur dans un secteur qui avait oublié l’idée même de concurrence a attiré massivement une clientèle écœurée par des frais bancaires trop élevés et des procédures trop bureaucratiques.

A écouter Vernon Hill, on a l’impression que deux éléments expliquent son succès – deux éléments peu présents dans l’écosystème français aujourd’hui.

Le premier, c’est la confiance. A la question : “Comment avez-vous obtenu la confiance de vos premiers clients?”, Vernon Hill répond : “This is a French question! J’ai juste ouvert ma porte”. Qui dit que les clients ne changeront pas de banque aussi promptement qu’ils ont changé d’opérateur téléphonique quand Free s’est lancé?

Le deuxième, c’est la réceptivité – très étonnante – de la sphère politico-administrative. Metro Bank a certes mis 18 mois à obtenir sa licence, mais les politiques (Labour à l’époque) de même que les medias et même l’administration se sont montrés encourageants tout au long du processus.

Aujourd’hui, en France, ce ne sont pas quatre groupes mais huit qui se partagent le marché de la banque de détail : BNP-Paribas, Crédit agricole, Société Générale, Crédit lyonnais, CCF-HSBC, Banques populaires, Caisses d’épargne, Crédit mutuel-CIC. Le nombre de guichets est stable : 26,000 depuis des décennies. Ne pourrait-on pas créer semblable émulation? A quand une Metro Bank en France?

Il est vrai que, selon un récent sondage Harris Interactive (mars 2013), 88% des Français se disent satisfaits de leur banque, une proportion en forte progression. Mais n’est-ce pas faute d’alternative? Une banque ouverte le week-end (si tant est que la loi française le permette) et où les frais bancaires diminueraient de moitié ne pourrait-elle pas bouleverser et dynamiser le marché de la banque de détail ?

En tout état de cause, la tendance assumée à la concentration dans le secteur bancaire est aujourd’hui suspicieuse (à titre de comparaison, il existe 7,000 banques aux Etats-Unis). La concurrence en France est-elle suffisante pour éviter l’extraction de rentes de situation ? La BNP a ainsi annoncé 582 millions d’euros de profits pour sa banque de détail française au premier trimestre 2013, soit une rentabilité des capitaux propres, annualisée et avant impôts, de 31% ! Vernon Hill a fait la preuve que la compétition est source de croissance, au bénéfice de l’emploi et des consommateurs. Un discours et une attitude que l’on aimerait retrouver dans la politique française.

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